Les élèves de 1STI2D ont découvert l’exposition Fury de Marie Quéau au BAL avant de poursuivre leur réflexion sur ERSILIA autour de la fabrication des images, de la représentation des corps et des liens entre réalité et mise en scène.

Une plongée dans l’envers des images
Dans le cadre d’un parcours autour de l’image, les élèves de 1STI2D ont visité mardi 27 janvier 2026 l’exposition Fury de Marie Quéau au BAL. Cette visite a été pensée en lien avec la projection du film Mad Max : Fury Road, programmée dans le cadre du dispositif Lycéens et apprentis au cinéma. Elle a permis aux élèves d’aborder autrement les questions de mise en scène, de performance et de fabrication des images.
À travers une visite guidée, les élèves ont découvert le travail de la photographe Marie Quéau et ont été invités à observer puis à analyser les œuvres à l’aide des indications des médiateurs culturels du BAL.
Ils ont ainsi exploré les différents espaces de création évoqués par l’exposition — centre de formation de cascadeurs, plateaux de motion capture, studios de modelage pour le cinéma d’horreur ou encore Fury Rooms — et interrogé la frontière entre réalité et fiction.
Cette découverte s’est déroulée au BAL, lieu indépendant d’exposition, d’édition, de réflexion et de pédagogie dédié à l’image contemporaine, qui développe depuis 15 ans des actions d’éducation à et par l’image auprès des jeunes publics.

FURY : des corps confrontés à leurs propres limites
Lauréate de la 5e édition du Prix LE BAL / ADAGP de la jeune création, Marie Quéau a présenté son travail au BAL à travers l’exposition FURY, du 28 novembre 2025 au 8 février 2026.
Comment apprend-on à tomber, se jeter par une fenêtre, mourir, tout casser sur rendez-vous ? Marie Quéau expose dans FURY des corps confrontés à des états extrêmes : cascadeurs défenestrés à répétition, acteurs en transe dans des studios de motion capture, apnéistes en immersion statique au bord de la dérive, individus donnant libre cours à leur rage dans une fury room.
Face à un monde où la logique échappe, Marie Quéau s’attache aux figures poétiques du renversement : la chute comme un envers de l’envol, un corps qui encaisse la blessure ou l’accident pour un autre, un état de transe converti en données par la machine, la violence théâtralisée pour assurer sa survie.
Le travail de Marie Quéau nous invite à questionner notre propre perception de la réalité. Et si ces moments de confrontation aux limites, quand le corps et l’esprit vacillent entre contrôle et lâcher-prise, révélaient ce qui nous lie le plus intensément ?
« Le titre FURY est venu du film Alien 3 de David Fincher et du nom de la planète « Fury 161 » où le film se déroule. Au tout début de ce travail, j’imaginais que les personnages que je photographiais vivaient sur cette planète-prison, mue par des forces telluriques extrêmes. J’ai gardé FURY parce que j’aimais l’énergie que ce titre représentait. Les Furies sont aussi des divinités persécutrices de la mythologie romaine, que l’on peut retrouver sur des stèles mortuaires. » Marie Quéau

Un prolongement pédagogique avec ERSILIA
Cette visite, conçue comme un atelier d’ouverture culturelle en deux temps, s’est poursuivie par une activité de création numérique sur la plateforme d’éducation à l’image ERSILIA, créée par le BAL et accessible depuis monlycée.net.
Les élèves ont découvert les ressources proposées par cette plateforme et utilisé le fonds d’images disponible pour créer une bibliothèque individuelle. ERSILIA permet d’explorer des thématiques variées (corps, mémoire, IA…) à travers des œuvres et documents analysés sous des angles politiques, sociaux, historiques et artistiques. Elle donne accès à de nombreux contenus éditorialisés : parcours pédagogiques, textes, images et ressources créatives pour exercer son regard.
Les élèves ont ainsi pu mettre en résonance l’exposition avec leurs propres recherches, créer des collections d’images et construire des parcours pédagogiques collaboratifs en partageant images, réflexions, textes et commentaires.